jeudi 12 décembre 2019

C'est de la merde mais ça changera ( ou pas)



Pour la première fois j'achète une cuisine "sur mesure" chez un grand distributeur...
On touche là du doigt pourquoi notre société va dans le mur:

Optimisation des coût de production: visserie peu solide, planches en aggloméré ( comme la viande des plats préparés et le surimi). Le bois doit d'ailleurs venir de loin...

Main d'oeuvre peu qualifiée (=  boulot chiant) pour produire à moindre coût. C'est pour cela aussi que bien des corps de métier ( peut on appeler cela un métier le travail à la chaine? un travail oui) perçoivent le travail comme un mal nécessaire et non pas comme un temps nécessaire à l'équilibre de la personne ( sans travail pas de vacances!).

Pour la construction du meuble, suivre une procédure précise qui ne laisse aucune place à la créativité ou à l'adaptabilité ( les normes sur les standards de la profession de guide me rappelle étrangement cette logique); les matériaux sont d'ailleurs tellement merdiques que l'on ne peut rien rectifier sans laisser une trace, car tout ce qui est "beau" est en surface et cela s'écaille au premier choc.

Sur la procédure de construction il y a marqué en tout petit que tout non respect exclue la garantie; ce verbiage juridique est l'expression d'une société qui ne se fait plus confiance, d'ailleurs toutes cette judiciarisation est la preuve que l'éthique, la confiance et la responsabilité à disparu de notre monde qui est un tigre de papier! D'ailleurs, les sociétés secrètes et les mafias qui fonctionnent sur ces principes sont bien plus solides.

Oui c'est bien cela le problème de notre monde; en surface tout est brillant et nickel; en surface.
Dessous c'est de la merde et de plus en plus de personnes s'en aperçoivent!
Mais c'est difficile car finalement c'est pas bon mais c'est facile la merde.

Tout cela pour augmenter le bénéfice des entreprises, qui souvent est réparti aux quatres coins du monde pour des actionnaires dont le patrimoine échappe à l'impôt.

Vous me direz il y a désormais des marques éthiques qui relocalisent, mais encore faut il pouvoir se payer cela?

Le problème c'est qu'avec l'hyper spécialisation du travail, les gens qui ont peu de moyens ont aussi désormais peu de compétences pour être autonomes et court circuiter tous les intermédiaires qui produisent ( bouffe, meubles, loisirs) ce que l'on savait faire nous même il y a 1 siècle ( les loisirs un peu moins).

Redonner de la confiance entre les gens
Redonner de la compétence à tous les métiers
Rester sur des circuits courts ( achat voyage) ou alors partir au long court
etc...

mais pourquoi redonner;

il faut prendre: tous ces biens sont gratuits: confiance, compétence, éthique, responsabilité!

On a le pouvoir dans notre porte monnaie.

Quand les "pauvres et classes moyennes" arrêterons d'acheter de la merde produite à bas coût à l'autre bout de la planête, pour enrichir les plus riches, dans le seul but de s'attribuer les apparats du riche juste au dessus de soit, cela changera! Exemple: le riche à le SUV porche cayenne; le moins riche le volvo, BMW ou Audi ( qui ont plein de classe de très riche à peu riche suivant un logo plus ou moins rouge), en dessous il y a les SUV WW , Peugeot , suivent les autres marques francaises avec les japonais et coréens puis viens le SUV de l'employer ou du prof le Dacia. 


Enfin, c'est pas gagné. Les jeunes manifestent pour le climat; mais est on prêt à changer nos mode de vie, même à la marge.
moins de voyages, moins de confort ( température dans les habitation inférieure, moins de douche), oins d'objets de consommation ( garde robe avec 2 robes), marcher et à vélo sous la pluie,  pas d'ascenseurs...

Le confort matériel et la quête du moindre effort est ce qui nous a mis dans la merde...






dimanche 24 novembre 2019

Cordillère de Darwin




Sommets presque irréels protégés par un accès et un climat difficile.


Voici en quelques lignes ce que nous avons pu faire à Darwin, où le mauvais temps fut bien déterminant ( 6 jours de beau temps sur 26).
Le confort de Podorange fut précieux
Podorange, voilier de "voile australe", base idéale.
Séchoir efficace


Zone Baya Parys: au fond du fjord tentative sur 3 jours au Selknam (2 bivouacs au pied) 


Beau sommet rocheux de 1800 m. Mauvaise météo. 
Approche en zodiac


Jungle 
Traversée du glacier, le Selkman est au fond
Le Selknam est à porté de main...


Entrée du fjord: arête sur 2 sommets de 1250 m qui marquent l entrée dans le fjord ( AD). A la journée. 
Départ matinal

Le premier sommet à droite

sur l'arete, le mouillage est visible

Zone Baya Agostini. Ouverture de 2 voies de 400 mètres environ ( M5/6 max sur quelques longueurs entrecoupées de pente de neige/glace). 1 journée depuis le bateau a chaque fois). Un des 2 sommets est nommé: le Cerro Garcia ( king kong d'après les pecheurs)


Les longueurs difficiles au cerro garcia 


Zone baya Pia: plusieurs belles parois autour du Mont Darwin. Mauvais temps. 
Nous avons trouvé là des déchets sur le glacier, dépot abandonné d'une expédition antérieure. 
Un beau sommet qui fut un objectif éphémère, situé sous le Mont Darwin; beau rocher environ 800m de haut.

Repérage...


Zone Endegaya. Cerro mujeres 1 arete. 
Los 5 hermanos  par les sommets en passant par le Cerro cerca ( 3 jours). AD. 


4 des 5 hermanos

1 er bivouac

premier hermanos

Pour plus d'infos vous pouvez laisser un message

vendredi 6 septembre 2019

Zone de confort




Les manifestations se multiplies pour la "planète"

les jeunes et moins jeunes se mobilisent

c'est bon enfant

c'est plein de bons sentiments

agir c'est facile

faut se rappeler de la vie de nos grands parents

On ne dilapidait pas à l'époque

l'eau du robinet était encore quelque chose de précieux

on se lavait parcimonieusement

on mangeait tout l'animal abats compris et pas que les steaks

on attribuait pas plus d'importance à la vie animale qu'à la vie végétale

on mettait un pull ou on faisait la sieste si trop froid ou trop chaud

La recherche du confort est pour large partie une négation de la nature:
on vit à température constante, mangeant de la nourriture standardisée, marchant sur du plat, prenant sa voiture ou les transports en commun pour le moindre déplacement, se lavant dès qu'il y a une micro transpiration...et je ne parle pas des dressing que j'ai vu dans certaine maison: autant de fringues qui ne servent pas: quel odes à nos contradictions: ils achetaient pourtant tout bio.

On a perdu la capacité à s'adapter, on milite pour notre droit à consommer...pour acquérir toujours plus de biens superflus ( piscine, voitures, tv toujours plus grande, ordinateurs toujours nouveaux, ...): la croissance est notre horizon pour le bien être des propriètaires des moyens de productions, qui eux font des retraites zen, des jeûnes et interdisent les "écrans" à leur enfants dans les maisons!

Ne pas se comporter comme des prédateurs, des charognards... des parasites même
reprendre contact avec l'élément
ne pas tout déléguer
refaire pousser quelques végétaux
en finir avec l'hypocrisie de cette civilisation qui se gave de steak et qui ne peut voir une goutte de sang
avec cette civilisation qui accorde plus d importance à la vie animale qu'à celle des végétaux avec une sensiblerie qui transpire derrière les arguments pseudo scientifiques
Avoir des poules et pourquoi pas ne pas en tuer une pour la manger
ne pas gaspiller; ressentir l'émotion vive d'ôter la vie est une expérience forte qui amène au respect de la vie et ôte toute envie de jeter, gaspiller ce qui fut un être vivant.

On veut protéger la nature mais quelles réalités mets on derrière ce mot: en effet, désormais peu de personnes vivent au contact intime, quotidien de la nature. Beaucoup de spécialistes, d'experts sont des néophytes...des ignorants tant qu'ils n'ont pas ressentit les forces de la nature qui sont aussi bien l'avalanche que l'arrivé du printemps en montagne. C'est en passant du temps qu'infuse au plus profond de nous l'intime connaissance de l'élément. 

Hier j'accompagnais en canyonning un couple de jeunes paysans du coin; il ne connaissaient pas du tout cette vallée où nous étions mais tout de suite ils ont capté les animaux, les différents types de rocher, les traces de pollution ( mini), attrapé les grenouilles devant le regard horrifié des autres; ils étaient à leur place dans la nature...
Cependant quand on regardait la montagne en marchant, on ne voyait pas les mêmes choses. Mon regard accrochait les arêtes rocheuses et les falaises, le leur s'attardait sur les pâtures, qui sont peu à peu grignitées par les buissons...



dimanche 28 avril 2019

Toujours plus haut ...



Le dernier grand défi;
Toujours un nouveau
Le rat est toujours là
Casse toi le rat
pourquoi t es toujours présent
jamais repus
vaine lutte

Aller plus haut plus loin plus vite
Etre le premier
Se dépasser
Se battre

Tomber
Se relever
Tenter encore et encore
Trouver le chemin
S'égarer
Retourner sur ses pas ou tenter encore
Sentir la roche, décrypter le glacier, suivre la sente du chamois dans la moraine
Ne jamais s'imposer
Etre invité
Petit
Intimement insignifiant


Se retourner et voir l'essentiel
Une intimité avec la nature
Une intimité avec les compagnons
Une quête d'harmonie et d'équilibre

La claire vision de notre condition d'humain



mardi 26 février 2019

Objectif Grand Nord: escapade dans le Sancy

Pas de neige dans le Cézallier initialement prévu; du coup une belle virée plus alpine de la Banne d'Ordanche au Sancy. 3 jours d'aguerrissement et d'apprentissage de la vie au grand air en hiver, avec les 3 pulkas en guise de compagnes...L'objectif un raid en autonomie dans l'Arctique




L'esprit d'équipe






mon copain! 



samedi 24 novembre 2018

Escalade bédouine...




Une dizaine de jours passé au pied des djebel, avec les djamel ( dromadaires) et autres gamelles cabossées où cuit le poulet riz quotidien. 

Pareilles aux images de BFM: défilent les clichés, la saleté, les maisons faites de briques et de broc, les barbus et autres femmes voilées. 
Ici les enfants, garçons bien sur, conduisent, les hommes sont servis, le muezzin ponctue la journée de ses complaintes inquiétantes. 

Quelques jours passent et on perçoit les sourires, on diminue ses besoins et finalement on comprend un peu la leçon du désert. La tolérance et l humour, teinté d une certaine insouciance pour le lendemain met en relief notre stress et société normative. Qui a raison, il s en foute  en tous cas! 
Famille nombreuses, homme souvent assis, pour boire le thé ou piloter les pick up a fond dans le désert.  
Les enfants ne pleurent pas ici, le sourire est sur les visages
Ils aident, ils jouent avec rien, il assistent aux taches ménagères, aident à tuer les poulets et prennent soins des poussins et des chevreaux. Uniformes militaires à l'école, école de fille et de garçon séparée. 
Peu d'eau pour la toilette, peu de bois pour le feu...

Notre mode de vie, ils s en foute et nos valeurs également. 

Je suis bien conscient que la grimpe comme nous la pratiquons est née de notre société qui permet le temps libre...
mais à travers elle je pense qu'il est possible de retrouver ces valeurs d'équilibre, d'harmonie issue du contact intime avec la nature.  

ici pas de meubles, prêt à partir, nomades. 
La vraie liberté c'est être chez soit partout!

Voies  réalisées durant le trip

J 1 inferno et Flight for fanzy
J 2 traversée jebel rum par voie Saba : 
J3 : lion heart ( prendre un camelot 6 pour dernier 6 b, il y a un trou salvateur à droite à côté des concrétions blanches Voie difficile  
J4: beauty. 
J5 : Lisa’s mektoub ( voie sur colonnettes,). 
J 6:  raid mit the camel:  
J7 : la guerre sainte 
J 8. Rock empire 
Pilier de la sagesse

A Barah Canyon: Merlin et étoile d'aboujaibada




mardi 4 septembre 2018

Ne pas souffrir







La Dent de la Rancune se dresse devant nous. Plusieurs options: la contourner, peu d'effort. la gravir en ne sachant pas grimper ni s'assurer; beaucoup d'effort et chute et mort assurée. La gravir en sachant grimper et en s'assurant: effort et plaisir proportionnel au niveau physique et à la culture de l'activité que l'on possède ( comme pour la bouffe, plus le palais est éduqué plus on apprécie les bons plats!). La gravir en solo en étant un excellent grimpeur ( grimpeuse): on risque la vie en pleine conscience et en pleine lucidité: on gagne beaucoup d'émotion et de valeurs qui, comme l'essentiel de ce qui est important ( amour, amitié, courage...) ne s'achète pas!!!

Les temps sont durs et les victimes si molles; cette voie des gorges du Tarn n 'est pas un monument de l'escalade mais c'est un nom qui respire notre époque où l'on fait des commémorations à tour de bras mais où l'on a quelques peu oublié l 'esprit de résistance et le risque

Résistance à la souffrance qui est désormais la chose à bannir de notre vie. La souffrance est devenue une autre frontière à abolir. Ne plus l'écouter, la faire taire est le leitmotiv.
Toutefois dans bien des cas elle nous parle...elle nous permet de doser l'effort à fournir où le repos à tenir. Elle possède une nombreuse palette de nuance et souvent juste vouloir la faire taire est la garantie d'une longue convalescence!

Comme il n'existe pas de vacances sans travail, il n'y a pas de bien être sans douleur. Vouloir bannir la douleur est à mettre en parallèle avec la volonté de notre société d'annihiler le risque. En montant au Mont Blanc, bien souvent nos clients font cette réflexion en voyant des jeunes sans guides et non encordés: ils ne sont pas raisonnables, ça devrait être interdit...ils sont fous...Et le soir autour de la bière ils se gargarisent de leur aventure, que c'est extrême et autres lieux communs redbulisés.

Ces jeunes qui souvent n'ont pas trop d'argent sont autant à leur place en montagne que bien des personnes qui se payent le Mont Blanc comme un bien de consommation. Certains sont complètement inconscient des risques mais d'autres ont fait d'autres sommets et ont appris les rudiments de l'alpinisme.

C'est l'éducation, l'expérience, le bon sens qui permettent de prendre des risques, c'est l'accoutumance à une certaine souffrance qui entraîne la résistance. A vouloir tout lisser on fragilise les êtres et les société!

La souffrance est souvent une compagne fidèle, et, comble de l'histoire, quand parfois quand elle s'en va, on l'attend et elle ne vient plus, on l'oublie alors peu à peu...mais on a su l'accueillir et on le saura à nouveau