jeudi 20 octobre 2016

GRIMPE EN ROUMANIE



Parmi les premières images sur la Roumanie qui viennent à l’esprit il y a le cliché du petit roumain qui fait la manche au coin de la rue ( est il vraiment roumain d’ailleurs) ?
Une fois posé sur le tarmac de l’aéroport de Bucarest : c’est plutôt un endroit comparable à la France qui nous accueille. Internet,4G, Mac Do ; Carrefour et  SUV à gogo  et pas que des Duster ( Dacia est une marque roumaine de renault), pas mal de porches Cayenne même !  On croise fréquemment quelques charrettes attelées à un  cheval mais c’est loin d’être fréquent.  Dans les pâturages : des meules de foin parfois énormes amassés sur de grands pieux près de chaque maison  témoignent d’un choc  entre le monde moderne (qui s’installe dans le pays depuis une 20aine d’années)  et le mode de vie à l’ancienne encore très présent …

Tous cela pour dire que aller en Roumanie, au niveau du choc culturel, c’est pas plus violent qu’aller en Espagne ( on va d’ailleurs trop grimper en Espagne, les Carpates sont l’occasion de changer d’horizon) .




Nous sommes donc 4 ( Gaylord Dugué, Olivier Monneron, David Vigouroux et zsolt Osztian) à nous retrouver dans le 4X4 pour découvrir les Carpates verticales. Guides ou moniteurs d’escalade auvergnats, c’est l’occasion de prendre des vacances originales et pas trop onéreuses après la saison ; pour Zsolt, c’est par contre l’occasion d’un retour aux sources car il est né en Roumanie et son père y a grimpé dans les années 70/80. C’est pour nous une aide précieuse car il a déjà randonné dans quelques massifs et s’est très impliqué dans la prise d’information au préalable. En revanche, pour communiquer, être  avec quelqu’un du cru  n’est pas du tout indispensable, les roumains parlant fréquemment anglais ou français.
Nous prenons la route de Baile Herculane, site repéré par le ROC TRIP Petzl de 2014 qui a parcouru les pays de l’Est jusqu’en Turquie. Effectivement nous sommes bien là sur un spot bien dans l’air du temps. Du beau caillou, du dévers, des colonnettes, des voies jusqu'à 2 ou 3 longueurs aussi. L’équipement est nickel . Nous avons le topo de  Gerald Krug, « Dimension Vertical » . Il y a pas mal de secteurs dans la vallée et nous choisissons celui de la photo de couverture : le secteur Cascade. Les schémas ont l’air top,  ça inspire confiance ! . Du coup après avoir pris un chemin qui devait d’après le topo raccourcir, on fini par se retrouver dans la pente à remonter au mieux vers la falaise que l’on atteint au bout d’une heure et demi…
Sous la pluie nous arrivons au pied de ce secteur où grimpent une quinzaine de roumains, les 2 ou 3 allemands règlementaires sur un site d’escalade majeur et c’est tout.  Le caillou  est encore neuf et c’est le site à la mode en Roumanie. Les grimpeurs rencontrés ont pour beaucoup fait 3 h de route pour venir. Ils nous expliquent que la grimpe sportive est vraiment en vogue et que les grandes voies sont peu fréquentées ! C’est au  son de «Aux Champs Elysées », joué au banjo et repris par pas mal de grimpeurs présents que nous tapons un run dans un 7C majeur. Les roumains ont le sens de l’accueil et ils sont contents de  voir des grimpeurs de l’Ouest  s’intéresser à leurs cailloux. 



 Première étape de notre Roc Trip, Herculane s’avère être un endroit qui mérite un séjour prolongé.


Sur la route à nouveau, nous passons un col de nuit, entre deux nappes de brume, dans les phares apparaissent des cahutes dont  un restaurant qui semble « authentique ». Ce fut une authentique arnaque à touriste où nous avons mangé pour 25€/ pers alors qu’en général, on trouve pour moins de 10€, voir autour de 5€ la pizza, même en centre ville.
Sohodol, étape intéressante sur un beau calcaire. Moins majeur qu’Herculane, Sohodol mérite le détour pour la qualité du rocher. C’est une gorge étroite parcourue par une route peu fréquentée et une belle rivière. Il y a moyen de poser la tente à pas mal d’endroit et même à l’abri de la pluie, sous les surplombs à 2 mètres de la voiture. Arrivé de nuit, nous n’avions pas vu les détritus plastiques qui décorent le moindre buisson. Nous constaterons la même chose sur des sites touristiques  comme cheile turzi ou cheile bicazului. En Roumanie, il n’y pas encore eu la « prise de conscience écologique », certains endroits sont très sauvages et propres (piatra craiului, Bucegi), d’autres salis par une mauvaise gestion de l’afflux touristique (Bicaz, Cheile Turzi, Sohodol …)





Sohodol : Intéressant pour le niveau 6 a à 8a. Voies d’une longueur.
Ayant pris perfo et goujons, nous cherchons cependant la ligne majeure ( et  pas trop extrême non plus)afin d’ouvrir une grande voie au pays de Dracula… Et Sohodol ne recèle pas le potentiel pour ouvrir une belle voie sur plusieurs longueurs.
Aussi nous reprenons la route ( les routes sont globalement bonnes, relativement à nos références auvergnates…), cap au Nord vers Cluj Napoca pour les gorges de Cheile Turzii. Belles  gorges qui fendent un plateau calcaire proposant des voies de 100 à 250 m sur des arêtes ou des dalles. C’est un endroit très fréquenté, en témoignent  les baraques de souvenirs et de snack sur le parking ( goutez les Kurtos Kolacs, patisseries Hongroises,  c’est une tuerie, après l’escalade bien sûr). Un très bon sentier parcoure le fond des gorges. Le parking est également un spot de bivouac très fréquenté avec une fontaine. 
Ici c’est le royaume des grandes voies classiques avec une superbe arête sur le  Turnul Ascutit,  ( 6 a max , pitons ,  1 pas plus dur dans L2 où l’on peut se débrouiller en tirant sur un alien pour ne pas faire du 7a).  Nous avons aussi grimpé une voie plus dure en dalle équipée très années 80 : « Golander »7a . Nous découvrons ici ce que nous soupçonnions : les roumains n’ont pas laissé beaucoup de lignes vierges, toutes les faiblesses sont hérissées de pitons. Les dalles sont souvent parcourues par des voies relativement engagées type  Super Médius à la Sainte Victoire : on ne peut pas tirer au clou pour passer quoi ! 

 
 Cheile Turzii vaut le déplacement pour faire de belles arêtes, des voies classiques sur piton. Ici pas de voies sportives sur les critères actuels, la dalle engagée est de rigueur pour grimper sur spits. Les sentiers d’accès demandent globalement un bon pied montagnard. Le topo est consultable  au secours en montagne, batiment « Salvamont » en face du parking.   

N’ayant toujours pas trouvé la voie, et ne voulant pas l’attendre comme Brice ( de Nice) pour la vague, nous reprenons la route vers Cheile Bicazului.  Ici il y a des gorges spectaculaires avec une route au fond ; route où il y a pas mal de circulation et aussi, sous les surplomb , des boutiques entassées sur le bord de route…Plusieurs dizaines d’étals animent aussi le lieux et on ne sais pas trop si l’escalade est bien vue au dessus des terrasses…Aussi nous grimpons le Piatra Altarului  par l’arête , belle voie facile et constatons que la moindre fissure à un piton…que le rocher est rayé de trace de crampons… une vraie pratique de la grimpe, été comme hiver, est depuis longtemps présente en Roumanie. .  Nous faisons aussi une halte sur un site de couenne en Dalle : Peretele Postei,  que nous trouvons par hasard après 2 approches infructueuses en suivant scrupuleusement le topo…Ici aussi pas mal de plastiques sur les abords des chemins, assez pour avoir le sentiment que c’est sale.
 5 jours sont passés, le Roc Trip se transforme en Trip Roc et il est temps que l’on inverse le rapport entre kilomètres de bitume et mètres d’escalade. Aussi direction Brasov ( Kronstadt est le nom allemand). Cette très belle cité, où il y a salle d’escalade et magasins spécialisés est au cœur de la Roumanie grimpantes. Il y a des sites qu’il est possible de rejoindre en transport urbain ( comme Pietrele Lui Salomon). Comme partout : ces sites urbains sont bien patinés . Pour les infos : il y a un très bon topo qui couvre la zone, pour l’escalade sportive en couenne : Le Topo Rock Climbing in Romania, tome 1 sur Brasov et les sites décrits ci-dessous.  
Après une visite au  secours en montagne « Salvamont », très accueillant de Poiana Brasov (station de ski équipé d’infrastructures identiques aux nôtres, hôtel de luxe, patinoire, restaurants, boutiques etc…) , ou nous avons été renseigné par les secouristes/ guides (l’un d’entre eux,  Catalin Petrescu est le champion d’escalade Roumain ! )nous partons vers Piatra Craiului où semble t’il il y a de la place pour « la voie » .
 Pareil à un cétacé géant échoué sur la plaine, échine calcaire de plusieurs kilomètres, ce site est une montagne emblématique des Carpates. Ici on verra des ours !
Après une journée de repérage en parcourant Lespezile Lirei,  une belle classique sur piton , nous repérons une ligne possible en beau rocher, plus raide, qui est juste à proximité. Ouvrir si près suscite quelques débats mais face à la difficulté des approches et à la densité de voies dans les faiblesses, il va falloir faire des compromis. En effet, ici il n’y a pas de paroi évidente, pas mal de vire et de ravin et il faut vraiment être à proximité pour saisir l’architecture précise de la montagne ( ou alors il faut un budget hélicoptère). Après 1 journée et demi de labeur nous ouvrons les « Pas revenus », 6 longueurs ( 6c+ max, 1 jeux de friends jusqu’au 3, descente en rappel). Elle coupe en 1 endroit la vieille voie Lespezile Lirei mais c’est un autre regard que nous posons sur ce rocher très compact propice au libre. Et les locaux semblaient enchantés que des étrangers ouvrent sur leurs sites. 

Piatra Craiului : Site présentant des approches longues et bien raides. Ce coté Widerness à un charme certain et même si les parois ne sont pas très haute, entre l’approche, la voie et le retour cela fait de bonne journée.  Il y a pas mal de voies sur piton sur le rocher de Diane à l’Est de la chaine. Il y a de belles courses d’arêtes classiques à faire. Pour une ambiance « frankenjura : voies courtes, calcaire blanc, micro secteurs de 10 voies parcourant une belle gorges, signalons « Prapastia Ursului », où il y a un 7c mythique dans le coin « Highlander » et un beau 7c+ «  trans Sexual »…S’ensuit une journée de « repos » en couenne. Repos pour les jambes tout au moins : les grandes voies c’était 2h30 d’approche bien raide, sur des sentiers « into the wild ». Dommage d’être fatigué car le site de Cheile Rasnoavei est majeur. Au niveau de la qualité du rocher et de l’équipement , c’est du même acabit que Herculane. Le site est cependant peu fréquenté, les sentiers sont à peine visibles  (toutefois il est facile de se repérer depuis le parking ; 15 minutes d’approche. Les voies que nous avons gravies sont vraiment classes, très bien équipées et avec des cotations françaises ! Le site est très accueillant pour les grimpeurs, ensoleillé,  avec des tables de piques niques couvertes posées sur un plancher et des barbecues à disposition…la rivière et le chemin à portée de main. On se demande encore pourquoi on  y est pas resté…
Le démon de la route nous reprend pour la dernière étape du programme. 


 Oliv dans le premier 6c+

Nous nous rendons à Busteni  et Sinaia. Apparemment il y a là une belle paroi de conglomérat. Dominant la ville de Busteni,  il y a en effet une vraie paroi de presque 400m « au-delà de la verticale ». Infos prise auprès du Salvamont, on nous conseille la « Fissura Albastra » ( 6b oblig/ A1 ou 7 b).
Pour occuper l’après midi et pour être sûr d’être bien fatigué le lendemain dans ce morceau de bravoure que semble être la fissure : nous partons grimper pour changer. Il y a ici aussi de jolis secteurs de couennes toujours enclavés dans des gorges difficile à trouver…Nous avons réussit apitoyer un gardien de parking qui, nous voyant étudier les cartes et topo en double file pendant ¼ d’heure nous a finalement conduit au bon parking. Bien nous en a pris car il y a là un petit secteur au rocher dément : Valéa Pesului, secteur Inox. Le 6b+ de ce secteur est world class et la voie Inox (7b)  majeure également.

Le réveil sonne à 7h…l’approche qui paraissait évidente sur la carte ( les topos sur www.eclimb.ro ne donnent pas d’infos précises sur les accès et retour) devient une véritable course en montagne. C’est au bout de 4h de crapahutages   variés et exposés, dont quelques portions d’escalade sur les pins Mungos, que nous  arrivons au pied de la voie.  A 13h, on attaque bien light, on a déjà tout mangé  et presque tout bu ! Ouverte en 1955, la voie emprunte de façon astucieuse la moindre faiblesse mais bientôt il n’y a que la fissure, bien déversante  qui offre de belles envolées en 6c.  Les longueurs s’enchainent, quelques pitons bienvenu nous permettent de ne pas trop pinailler car il est tard et il y a la descente…On se méfie désormais de ces montagnes et de leurs  cartes…Cette paroi offre ce que nous sommes venu chercher : du gaz, du bon rocher, des voies d’ampleur. On peut rajouter un zeste d’aventure pour l’approche et le retour loin d’être évident. Au sommet de la voie on à la chance de tomber sur Alex Paun, grimpeur et guide  roumain, qui vient de gravir une voie sur goujons  avec du 6c oblig. Nous l’avions rencontré  à Herculane et c’est lui qui avait joué au banjo « Oh champs Elysée » en l’honneur des français !
C’est en le suivant que nous réalisons que les Carpates ont beaucoup à nous apprendre. En l’entendant pousser des cris gutturaux  pour prévenir les ours tout en parcourant d’improbables vires en pleine paroi.  Alors que nous arrivions sur la fin de la marche de retour, en pleine nuit, Alex nous fait boire dans ce qui pour lui était une source… A première vue, cette flaque d’eau croupie ne nous inspirait pas confiance, mais aux dire d’Alex et de Sorin, l’ours boit ici régulièrement  (gage de propreté) alors n’ayant rien bu depuis des heures, nous buvons aussi ! nous sommes, à quelques centaines de kilomètres de la France, déjà bien plus loin dans nos têtes
Le Bucegi est le spot de grande voies sportives engagées ou traditionnelles ( pitons type Vercors années 70).  

 Topo de la voie ( dessiné par Zsolt).



mercredi 20 juillet 2016

Brèves vénézueliennes...

Voyage de grimpe au Vénézuela...Aller si loin pour des caillasses...c'est ce que penses beaucoup de gens de mon village , en me souhaitant un bon voyage! 

La grimpe est un prétexte, l ingrédient d une nourriture qui assouvi une faim d aventure, de découverte, de rêve...Le rêve et l'émotion: une nourriture qui abreuve la nature humaine depuis toujours; et qui malheureusement ne s'achète toujours pas. 

L avion à trace sa route, des tepuys de plus en plus hauts surgissent.
En quelques minutes nous nous sommes habitués aux mouvements parkinsonniens de l avion.

Bientôt nous allons être propulsé  (éjaculé (sic) pourrait on dire car beaucoup de rêve, d'imagination, de fantasme, d'envie précède toujours le voyage, un peu comme une première étreinte)  sans transition dans ce nouveau monde. 
La grande sabana s'étend sous la carlingue. Des zones déboisées apparaissent peu à peu. Les indiens procèdent en effet à des écobuages, afin de faire reculer la forêt. De grandes zones de savanes, pareilles à de vertes prairies, mais sans animaux domestiques, ni sauvages, font office de zone tampon entre les cases des villages et la forêt. Redoutable forêt. Ici pas de surpopulation, les villages sont très dispersés, une case tous les 10 km, sauf où nous avons atterrit: il y a 10 cases max dont une église (cabane) et une école bivouac pour touristes.. 

Paradis : baignade, match de foot avec des indiens pemon. Langage universel qu'est le foot: triste monde bas de plafond dans lequel nous vivons. Malraux doit se retourner dans sa tombe avec sa prédiction sur le 21 siècle. Djihadismes, football roi... La spiritualité, les rituels collectifs trouvent refuge où ils peuvent. Ici la nature est généreuse, comme elle le fut chez nous avant que le contact soit irrémédiablement perdu. La réalité est ici réelle et les concepts markété de réalité virtuelle ou augmentée prennent au regard des bruissements de la forêt , la fade saveur des plats préparés bon marché.

On marche. Fait chaud les sacs sont lourds, les porteurs sont bien charges: femmes et hommes dans un respect mutuel. Personne ne se plaint. Les enfants sont forts de porter un sac qui doit être bien plus lourd que celui des écoliers français du même âge.

Bout de forêt en bordure de ruisseau, se laver et boire dans le même instant une bonne lampée d eau. La nature est généreuse : fruit , animaux, eau: ici c est le monde perdu de l harmonie avec la nature que l on retrouve.

On est enfin face au mur. L objet des convoitises , la promesse d heures riches. La peur, la crainte sont bien là. Pourquoi se mettre dans des situations pareilles. Qu ai je perdu la haut ? Quelques choses certainement que la vie occidentale , ordinaire ne m apporte pas . Quelques chose qui a à voir avec le romantisme. Le rocher compact, coloré, les plantes grasses et les nids d hirondelles, les belles prises à saisir à pleine main. Trouver son chemin dans la muraille qui paraît inaccessible. Poser les gestes fluides, Danser une partition  de grimpe toujours renouvelée, être grisé par le vide, les formes de la paroi qui changent à chaque longueur. Se sentir léger, hors du temps, à sa place simplement.

Fait pas beau, le temps défile lentement, rien à faire. Ce repos par obligation a une saveur particulière. Cette journée où fut prévue une intense activité qui se transforme en heures molles. La puissance de la nature apparaît ici encore : rien ne sert de forcer la main , petits hommes. C est le prétexte d infinies discussions qui rebondissent d un sujet à l autre et qui toujours finissent bien loin des préoccupations de la grimpe. Serait on alors autre chose que des bourrins  de grimpeurs égoïstes?  Et Les livres circulent, pas que des topos hein!; sur le grand nord, roman ou essai, des polars et aussi le "monde perdu" qui se savoure ici avec un parfum, une réalité augmentée...

Qu est ce que je fous la bordel !
Porter et hisser ces gros sacs, me bouger au milieu de cette jungle...3000 balles pour en chier , quel con. Entre l idée séduisante de l aventure vénézuélienne, qui situe son homme lors d un dîné en ville et la réalisation : un fossé ou un gouffre. Même après plusieurs expériences, on oublie le poids des sacs ( pas loin de 100 kg pour 5 dans la paroi) les réveils avant l aube et le reste. Ne subsiste alors que l aventure, la griserie de ne pouvoir compter que sur soit, le vertige des lignes fuyantes, la beauté des perroquets multicolores qui nous effleurent, les rapports humains sublimés et les sensations exacerbées par le stress, la peur de tomber, de se faire mal, du vide, la fatigue, la faim et la soif.
3 jours dans le mur, lève 4 h et couche 21 h. A tour de rôle nous grimpons devant.  À chaque longueur son scénario avec toujours les copains qui rigolent au relais alors que devant le plus souvent c est plutôt sérieux. Parfois quelques points dans les longueurs, souvent l itinéraire est dur à trouver: surtout dans la jungle verticale et humide.
On grimpe, on fait relais, on hisse le sac qui contient de quoi vivre dans la paroi ( slip de rechange et brosse à dents proscrits...), on assure le second en même temps. Il arrive et c est à son tour de repartir. On grignote, on boit et assure en même temps( comme quand on conduit quoi, téléphone en moins ici ça passe pas!).

 Le premier jour bivouac sur la vire prévue. Un super balcon 450 m au dessus de la jungle. Étoiles à profusion. Le second jour, chaque longueur se défend; rester calme même quand parfois cela commence à vibrer intérieurement, les mains moites 10 mètres au dessus du friend. La fuite en avant est proscrite. L'accident ici est un sujet tabou car dramatique. Descendre quelqu un dans cette paroi déversante, peu équipée, prendrait beaucoup de temps et d énergie.

A droite, à gauche, le second, pendu au relais, conseille au mieux, au interrogation parfois presque inquiète du premier. Nous ne serons pas de retour comme prévu sur la vire ce soir. Le bivouac comme des animaux se profile presque avec joie: car alors on a le temps de sortir au sommet de de faire cette superbe dernière longueur sur un rocher de cinéma : belle strates au grain doux, plates, chaude, réclamant de bien chercher les préhensions.
Sommet pour tous. L orage qui avait lancer une première salve lors de l avant dernière longueur semble vouloir passer à la grande offensive.  Dernier à passer au rappel, je préfère m abriter à plat ventre dans une faille sur le plateau sommital et attendre la fin de l ondée qui parfois se transforme en petit ouragan . Être mouillé serais presque inconfortable pour la longue nuit ( on se refroidit 7 fois vite mouillé). Plus peur des araignées noires, des serpenst en rampant au fond de la faille. Enfin allongé, la tête posée sur la corde, je lutte contre le sommeil. Faut pas s endormir ici: les autres vont s inquiéter ! Si il remontent les 60 m et me trouvent endormi, cela risque de troubler la belle harmonie de l équipe.   L orage tourne, déjà 1 h sous le caillou. C est sympa mais à la première occase je descends! 

Une grotte, quelques brindilles, un briquet, rien à manger et peu à boire. Bonne formule pour maigrir avant l été. 14 h d action avec quelques barres puis dodo direct sur les pierres: qui dort dîne paraît il: c'est pas vrai!!
. Coucher au sol comme des bêtes , seul le feu nous humanise. Retrouvailles avec l animal que nous sommes tous.

La faiblesse et être lucide responsable de soit

Les serpents ...il y en a, on en parle...un peu comme les pierres du couloir du Goûter. Tous le monde dit que cela craint à mort ( une petite centaine en 20 ans) et pourtant c est blindé de monde ( cela serait mieux que ce monde soit blindé).
Pour les serpents, ici, c est un peu pareil. Au début on fait comme si il n y en avait pas. mais lorsque le troisième jour, le quatrième à passer sur la trace voit un serpent au moment où il allait poser le pied ( 3 personnes déjà passée), il y a comme une prise de conscience pour lui en tout cas! On le prend en photo et on le montre au Venezuelien qui nous accompagne: "c est pas dangereux si il te mord pas , si il te mort , t es muerto. "
Ensuite personne ne dit trop rien mais tout le monde cogite la nuit et le lendemain matin différent prototypes de protections, agrémentée tape Duck et de tapis de sol découpés sont mis au point. On retrouve les talents de chacun: le pointilleux a fait quelques chose au millimètre, l insouciant une protection plus symbolique. Le paroxysme arrive lorsque que même l indien dit que cela craint: dans toute les familles d'indiens que nous questionnons il y a des drames serpentesques; . D autant plus que l un des notre a tué un serpent au cours d une ballade. Je n aurai pas dû aller voir le spécimen: 1 mètre, une peau qui fait méchant ! 
Demain dernière sortie dans la jungle et pour faire la dernière voie ! Cela vaut il la peine? Les indiens nous on racontés  les derniers fait divers : un américain avec une jambe comme ça,, près à crever, un enfant du village mort... C est en rampant que les heures passent avant la dernière approche junglesque!

 Au petit matin, comme un aveugle avec sa canne nous avançons en tâtant toute les zones suspectes pendant les presque 2 h d approche ( du lieu des 1 h15 au début lors de l insouciance)  avec des protections sur renforcées sur les jambes: je crois que l on ressemble plus à des CRS en tenue anti-manifestants qu a des grimpeurs. . Nous essayons d être rationnel avec ce risque, se protéger plus ou moins efficacement, calculer le risque, s improviser statisticien, assureur ,médium, sorcier ...Les indiens en parle tous le temps mais fait ce qu ils on a faire dans la forêt. Il font avec. C'est le risque objectif comme les séracs en montagne: quand on vient dans la jungle on peut se faire mordre. Voilà la réalité. Que l on se protège ou pas. Si on ne l accepte pas faut rester à la maison!

lundi 4 juillet 2016

Que du plaisir...

La Sinsat, Vignemale, Néouvielle, liaison chamonix, Aiguille du Tour, Dômes de Miage, liaison Grenoble et Tête du Rouget, Grande Ruine. Aller où on ne connait pas est l'essence du métier de guide nous avait on dit à l'école: guide de montagnes et non pas guide de "ma" montagne...

 La Barre des Ecrins depuis la Grande Ruine

La montagne est un super catalyseur d 'émotion et une certaine vérité ( authenticité est un concept trop marketé désormais) transpire  de ces longues journées.

 Le granite parfait du Rouget...
 Rackam le Rouget, voie au rocher parfait, perchée là haut au dessus de la Bérarde.


 Vignemale avec les jeunes de l'EREA

 Vers le Mont Blanc

 La corde...au Néouvielle



mercredi 8 juin 2016

Topo Guide d'escalade dans le CANTAL , cuvée 2016

Le nouveau topo fut présenté hier à Aurillac.
 En vente sur le site Aurillac Montagne Escalade

Dans la salle étaient présent quelques uns des premiers équipeurs et grimpeurs de voies sportives du Cantal, les premiers éditeurs de topo ( celui des gorges du Bès), l'instigateur du plan d'équipement du Cantal qui a vu l'apparition des principaux sites du Cantal dans les années 90... En somme: les principales forces vives en ce qui concerne le développement des principaux sites d'escalade du Cantal...
Dommage que cet ouvrage n'est pas eu le pouvoir magique,  d'ENFIN,  fédérer tous les acteurs de la grimpe cantalouse qui ne sont pourtant pas si nombreux.





lundi 30 mai 2016

VENEZUELA

Le voyage est aussi une fuite; les problèmes de la vie principale  s estompent et le mirage opère.


Le petit avion fait toucher du doigt la précarité des choses. Bousculé par les bourrasques, qui donnent des "à coup" très secs,  vaille que vaille, il trace sa route. Grondement du moteur, trous d air et empilement des sacs et de nos corps: pas besoin de ceintures...il n y en a pas de toutes façons!

video

La forêt amazonienne est la; immense peau verte boursouflée de veines jaunatres: les rivières. Posés là dessus les Tepuys. Plus de routes , de villes: la nature est la. La nature qui n'a pas connu l'homme. Une nature qui a disparu depuis bien longtemps en France...

lundi 2 mai 2016

Burkina Faso Grimpe et projet de développement Gourman Tour :Le film


Voici le film réalisé par Karine Payot sur le pays Gourmanche, au Burkina ( avec l'ONG RONGEAD)

                                                     https://www.gourmantour.org/fr

Condition Cantal: chute de neige avec beaucoup de vent...les jonquilles sont sous la neige!

mardi 29 mars 2016

Miage Mirage

Caramba, encore raté!

L'an passé le mauvais temps nous a amené vers la Brèche de Roland et le Mont Perdu...Cette année le vent prévu à 100 km/h nous a repousser moins loin, sur l'autre versant de Tré la Tète au Tondu. On a flirté la veille avec la Bérangère, juste stoppé par la crainte d'une descente à 2 à l'heure dans le brouillard. De vent à 100 km h il n'y en eu...Cela nous a permit, de découvrir la descente vers les lacs Jovets qui est aussi un bon plan. Peut être l'an prochain, Armancette ( 30 de poudre, soleil et pas de zef).

Les plus grands plaisirs viennent autant du présent que du temps passé à convoiter!

Sans rapport: challenge d'escalade sur le mur de Saint Amant des Cots le 2 Avril! allez y nombreux! info sur le site du club